Quel bonheur! Mais quel bonheur!!
Est-ce que ça vaut la peine de se mettre dans des états pas possibles 10 jours avant l’épreuve?
Peu importe. L’essentiel est de nager dans le bonheur, de rouler et de courir aussi.
Un an que je l’attends, comme beaucoup d’autres! Ce triathlon mythique était absolument à cocher.
Nous arrivons, Pascal et moi, le samedi matin à 8h00 pour voir les Bleus sur le XL. L’arrivée en voiture dans Gérardmer nous donne l’ambiance, avec vue sur le lac et les plots en position, les athlètes qui s’échauffent le long de la route, le monde qui grouille de partout, et les places de parking qui se font chères à trouver.
Incroyable spectacle du départ de la natation! On n’arrive à reconnaître personne mais en vélo et en course, oui. Super contente pour tout le monde de les savoir bien arrivés! C’est toujours un soulagement car on n’est pas à l’abri d’un incident quelconque qui occasionnerait un arrêt, chose qui serait horrible.
Un grand bravo à Thomas, Greg, Julien , Arthur et Fabienne! Quelles perfs!
Je vais retirer mon dossard l’après-midi : premières émotions qui lâchent un peu… Un mélange de stress et d’euphorie. J’adore le cadeau, un bel et large poncho de sortie de bain (où il y a de la place pour deux, dixit Pascal…). On fait le repérage des entrées et sorties des trois épreuves, on vadrouille, on dîne de bonne heure pour reposer les jambes qui ont déjà bien cavalé dans la journée.
Réveil à 5h10, car il est primordial de prévoir un laaaarge temps de digestion du petit déj et du stress…. avant d’enfiler la combi Néoprène.
Pascal ne pouvant pas entrer dans le parc à vélo, je dois me débrouiller toute seule comme une grande. J’ai répété ça des dizaines et des dizaines de fois pendant les nuits précédentes. Je prépare tout comme il faut, répète l’ordre des choses, leur placement judicieux pour optimiser au maximum les transitions. Je ne ferai aucune erreur, aucun oubli, aucune boulette. Clément assistera à mon deuxième petit coup d’émotion, un peu avant de quitter le parc.
Allez, faut y aller, enfiler la combi et fouler la plage. Je me mets à l’eau juste deux minutes pour savoir tout de suite les sensations. C’est tout bon, ça ira. Clément, Alex et Jeanne sont prêts, chacun se place en fonction de son niveau de nage. C’est en voyant les photos après que je vois Dominique C. aussi! On ne l’aura jamais vu. Dommage.
Les deux speakers sont géniaux! Ils rassurent, divertissent, donnent des conseils. Je les écoute attentivement et ça m’aide à me mettre dans ma bulle et à me calmer. Je savoure la chance d’être là, ici et maintenant. Avec Alex, on se fait régulièrement des petits signes d’encouragement, et le sourire réapparaît petit à petit, la peur est partie, place au rêve. La dernière minute est incroyable : dans le silence absolu, les cloches sonnent. Sonnent-elles le glas ou un carillon annonçant une bonne nouvelle? Réponse 17 minutes plus tard, à la sortie de l’eau.
Je rigole et m’amuse de voir l’entrée dans l’eau des élites et des bons nageurs : ils courent, plongent puis crawlent à une vitesse hallucinante. Je n’ai pas encore bougé, je suis aux premières loges pour voir tous ces remous magnifiques. En fin de peloton, on marche pour s’avancer tranquillement dans l’eau et quand on estime qu’on est prêt, on y va! Et là, dès les premières secondes, ça commence : certains suffoquent déjà et se positionnent sur le dos, d’autres alternent brasse, dos, sur-place. Je reste en crawl, même si c’est difficile au début car on est quand même nombreux. Je prends des coups, je me retrouve coincée entre deux brasseurs. Alors, entre leurs coups de bras et leurs coups de jambes sur les côtés, je m’en suis pris un paquet! Mais ils ne faisaient pas mal, je n’ai jamais paniqué, même lorsque quelqu’un était à moitié sur mon dos.
J’ai crawlé tout le temps, en regardant constamment devant pour vérifier la place que j’avais pour nager et suivre le groupe car je ne voyais pas la bouée jaune. Arrivée à son niveau, obligée de faire du sur-place pour cause de bouchon. Et direction le tapis rouge! Youpi!!!! Aucune idée du temps car je n’ai pas voulu prendre ma montre, mais peu importe, je me suis bien sentie dans la nage et j’ai adoré voir le ciel à chaque coup de paire de bras.
J’entame la procédure pour la transition : bonnet, lunettes, enlever le haut de la combi tout en courant au parc à vélo. 3’38 en tout, franchement je suis contente. Je traverse tout le parc pour sortir, j’enfourche le vélo après la ligne jaune, premier coup de pédale et…… chaine déraillée! Misère. Pascal n’est pas là…. Je n’ai jamais touché une chaine de ma vie. Pas droit à l’assistance. Hors de question que tout s’arrête pour ça! Je mets la main dans le cambouis, et je remets les maillons un à un dans les trous, j’en mets partout sur la trifonction…. Mais je repars!
Est-ce que j’ose dire que c’est ma plus grande fierté du triathlon? Avoir remis une chaine pour la première fois de ma vie sans qu’on m’explique?
Le vélo : c’est le meilleur! Qu’est-ce que j’aime ça! La reconnaissance faite cet été m’aide à savoir quand mettre le petit plateau, le grand, quand me mettre en danseuse, etc. Arrivée au Poli, je suis prête pour ce défi quand malheureusement on est obligé de déclipser pour cause de gros bouchon!! Oh non!!!!
Je peste tout ce que je peux! On est à l’arrêt pendant plusieurs minutes, on avance à côté du vélo. Il y a quand même une barrière horaire, il faut y penser! On repart en pleine montée, les sensations sont très bonnes, et je me fais beaucoup plaisir. La route rien que pour nous, c’est royal pour prendre des risques.
Transition numéro 2 : 2’06. Pas mal, sachant que j’ai des lacets à mettre.
Dès les premières foulées, je suis étonnée de ne pas avoir les jambes robot comme souvent après le vélo. Effet chaussures carbone? Je ferai une course avec de bonnes sensations et un finish comme je me l’étais promis : un sprint depuis le ponton de bois sur l’eau. Magique endroit!
Je finis super heureuse car je n’ai eu que du bonheur dans les 3 disciplines, sans jamais coup de mou. On se retrouve avec Jeanne et Alex au ravito d’arrivée, on débriefe, on est heureux. Clément devait déjà être arrivé depuis longtemps.
1h40 avec le déboire de la chaine et du bouchon dans le Poli, je suis très satisfaite.
Beaucoup de bonheur et de fierté (désolée de le dire de cette façon, mais je suis tellement contente que ce soit bien passé).
Un bon resto, une bonne bière avant d’encourager Florian et Hugues (je ne saurai qu'après qu’il y avait aussi Edgar). Bravo à eux et au super classement de Hugues!
Et puis les jeunes! Clément, Nino et Aubin! Ça, c’est trop cool! Bravo, quel bonheur aussi de vous voir concourir dans cette superbe épreuve!
BRAVO à tous les participants, à tous les Bleus, petits et grands, à Hugues, aux supporters (merci beaucoup pour les encouragements, même si je n’ai pas tout identifié…). Merci à Pascal pour tout son accompagnement.
L’organisation est rodée ; les secours, les bénévoles, les speakers : formidables! Bravo et merci!
L’environnement naturel du site est grandiose.
Franchement, je le dis et redis : ne pas se priver de l’envie de le faire à cause de la peur. Ce serait trop dommage de passer à côté de ça.