8 septembre 2026
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Gérardmer XL 2026 : ou comment devenir triathlète quand on déteste nager
J'ai toujours affirmé que je ne ferais jamais de triathlon.
Pour deux raisons majeures :
1. La natation ne m'aime pas. 2. J'ai horreur d'être mouillé.
Autant dire que j'avais le profil idéal.
Tout commence le week-end du 14 juillet à Gérardmer. Avec un copain, nous avions prévu une sortie vélo. Pour chambrer Thomas et Julien qui préparent le XL, je décide de faire la reconnaissance du parcours.
Erreur stratégique.
À ce moment-là, dans ma tête, faire la reco du parcours revenait à regarder un documentaire animalier : intéressant, mais je ne comptais absolument pas participer.
Sauf que quelques jours plus tard, Thomas me surprend à consulter discrètement les annonces de revente de dossards.
Puis Stéph gagne un dossard sur le DO et me le transfère. Je profite donc de cette occasion pour la remercier publiquement pour cette magnifique opportunité... et pour cette tentative d'homicide involontaire. Celui-ci sera ensuite converti en XL... merci Flo, là aussi, cela a été une épreuve…
Le 20 juillet, je pousse la porte de la piscine pour ma première séance.
Je croise immédiatement Julien et Alex de la Team Shark.
Premier 25 mètres.
Vingt-cinq.
Mètres.
À l'arrivée, je suis essoufflé comme si je venais de faire un marathon en VMA.
Là, je comprends immédiatement que le projet est ambitieux.
Très ambitieux.
Extrêmement ambitieux.
J'achète quand même un pass de dix séances.
À Écrouves, au bout de quelques entraînements, les maîtres-nageurs finissent par me prendre pour le vigile de la piscine.
Arrivent les vacances, je décide de tester la nage en mer.
Le bilan :
- des algues ;
- des méduses ;
- du courant ;
- de la houle ;
- un pied ouvert sur un rocher.
Il ne manquait plus qu'un requin et j'avais complété le pack découverte.
Au retour des vacances, j'arrive à nager 100 mètres sans m'arrêter.
Plus que 1 800 à ajouter.
Et surtout, plus que quinze jours avant le départ.
Je reste néanmoins confiant.
Enfin... "confiant".
Disons que je connaissais par cœur la date limite de l'assurance annulation.
Ensuite, miracle.
400 m.
750 m.
1 200 m.
Puis enfin 1 900 m d'un seul coup, mais il ne fallait pas être pressé.
À partir de là, une certitude :
Je prendrai le départ.
Le jour J, 8 h 45. Je retrouve Fabienne sur la plage.
"Tu trembles ?"
"Tu as peur ?"
"Non... j'ai froid."
Le départ est donné.
Et là...
Star Wars.
Mais pas la version cinéma.
La version grandeur nature.
Des bras, des jambes, des coups dans tous les sens.
Au bout de trente mètres, un type m'escalade littéralement comme si j'étais une bouée gonflable.
Je me demande sincèrement ce que je fais là.
J'envisage sérieusement l'abandon (je sais que les Top Guns ont mis un gros billet sur Betclic en pariant que je ne sortirais pas de l'eau). Puis je reprends mes esprits, je me calme... et nous voilà repartis.
Puis j'arrive à la première bouée.
Et là, je vois plusieurs concurrents accrochés dessus comme des vacanciers à une bouée licorne géante.
À cet instant précis, une immense vague de confiance m'envahit :
"Finalement, il y a plus nul que moi."
Tout va beaucoup mieux.
Je sors de l'eau en 53 minutes.
1629e sur 1800 : pratique pour retrouver son vélo.
Mais surtout :
pas noyé.
L'objectif principal est atteint.
Je prends ensuite mon temps dans la transition.
Parce que le triathlon, ce n'est pas trois sports.
C'est surtout une épreuve administrative.
Entre les sacs bleu, rouge, blanc, le casque, les lunettes, les gels, le dossard, la puce, les chaussures...
Le vélo se passe parfaitement.
Je boucle les 90 km et 2 000 m D+ en un peu plus de 3 h 30.
Je pose le vélo 829e.
Puis arrive enfin ma discipline : la course à pied.
Physiquement, je suis bien.
Musculairement, cela commence à se compliquer, surtout quand il faut escalader les arches en bois.
Chaque foulée ressemble à une négociation.
Finalement, je boucle le semi en 1 h 33. C’est l’épreuve dont je suis le moins fier, et même déçu… Mais commencer un semi avec déjà 4 h 30 dans les jambes, cela laisse des traces.
Et là, je réalise.
Je viens de terminer Gérardmer XL.
45 ans. 6 h 07. 601e sur près de 1 800 partants.
Est-ce que je recommencerai ?
Malheureusement oui.
Parce que maintenant je sais que j'ai laissé :
- 5 minutes dans l'eau ;
- 10 minutes sur le vélo ;
- 7 minutes en course à pied.
Et que le petit démon du triathlon murmure déjà :
"5 h 45 en 2027..."
Enfin, un immense merci à tous ceux qui ont sacrifié leur week-end pour nous encourager : Steph, Manon, Isa, Alex, Charlène, Régis, Flo, Alex, Clem, Jess, Nath, Pascal, Béné, Mila, Lola, Alizée, Clem, Alex, Adeline, Romain, et tous ceux que j'aurais involontairement oubliés.
Patienter pendant des heures, nous voir passer cinq secondes avant de changer de spot, porter des sacs, gérer nos névroses pré-course et faire semblant de trouver passionnantes nos discussions sur les gels, les watts et les transitions.
Vous avez largement plus souffert que nous.
Et au final, j'ai découvert une chose à Gérardmer :
Je suis capable de nager 1 900 mètres et je suis triathlète…
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