Au départ, l’objectif était le IT 130. Nabou étant blessée, Christelle (Poussin) se retrouvait seule pour son premier ultra. L’idée de l’accompagner était donc toute naturelle.
Après une soirée épique à l’arrière de la voiture et un repas « pasta party », nous avons essayé de nous reposer avant le départ, vendredi à minuit. (Thomas, j’ai vérifié dans le dico : « minuit » désigne la fin du jour concerné… Bref, on avait tout faux !). Confort maximum (matelas, duvets et couverture en pilou), mais nous n’avions juste pas anticipé que la musique sur le site de départ serait forte… très forte !
Photo dans la raquette avec la team du 100 et du 130, et hop, nous voilà partis. Je laisse Poussin raconter le début de course que nous avons vécu ensemble jusqu’à la base de vie de Cornimont, à mi-parcours. La nuit a été fraîche et, une fois de plus, j’ai eu du mal à gérer le compromis entre transpiration (fringues trempées) et froid… Il va falloir que je trouve une solution !
Ce début de course s'est fait avec Poussin, comme prévu. Pas dans le silence ni dans la solitude, car elle papote avec tout le monde et soigne même les coureurs au passage (pose de straps, etc.).
Dans la descente vers Cornimont, j’aperçois au loin un bandeau rouge sautillant sur un t-shirt jaune : Stéphane Arthaud ! (Notre Manu l’avait délaissé pour s’envoler vers une course exceptionnelle à l’avant.) Il n'est pas très frais, notre Stéphane, avec un moral sous les semelles. Qu’à cela ne tienne : on passe en mode réconfort et conseils pour la suite. Il y a encore plein de coureurs derrière lui, les barrières horaires sont très confortables et, surtout, Sandie l’attend à la base de vie, sans oublier un bon stock de « gels d’orgueil ». Une recette spéciale Stéphane qui lui a manifestement réussi : après une bonne sieste, le voilà reparti pour aller au bout de cette magnifique épreuve.
Après cette base de vie, il reste 50 km. On entre dans le dur et le mental de chacun a besoin de se mettre « dans sa bulle ». Je décide de laisser Poussin face à sa propre course : c’est son premier ultra, il ne faut pas qu’elle rate ce rendez-vous. (moi non plus )
Je pars donc devant, en solo. Pas de douleurs particulières et un mental d’acier… En route pour la remontada (parti 530ᵉ, je termine 349ᵉ) ! Un pur kiff : se sentir bien au moment précis où la plupart des coureurs sont dans le dur ou abandonnent, j’en profite à fond !
En chemin, je récupère Mathieu Pelletier (engagé sur le 70 km) au dernier ravitaillement de Saint-Amé, et nous finissons ensemble. Enfin… lui part devant en quittant le ravitaillement, mais c’est sans compter sur Papy Lolo et son entêtement ! Résultat : je l’ai doublé et laissé un peu derrière. « Place aux vieux, jeune Padawan ! »
Ce compte rendu est exceptionnellement long, je vais donc m'arrêter là, sinon vous allez prendre de mauvaises habitudes ! Et puis, les nouveaux ultra-traileurs ont tellement à raconter…
PS 1 : Escalier monté et descendu ce matin : nickel !
PS2 : Pour cette course je n’ai pas eu besoin de faire appel à la ligne SOS FINISHER ! Le patron Clem a su m’encourager et m’envoyer des blagues à 3 balles pour me faire oublier les difficultés.
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