Il est 5h du matin, je suis à Val d’Isère. Au programme de ces championnats de France de trail : 33K et 2650m de dénivelé.
7h40 : top départ de mon sas. Ça cavale vite. J’entends bizarrement une voix qui résonne dans ma tête. Encore un conseil d’un copain bleu : coach Lolo Béglé. « Moi au début, j’y vais tout document, comme ça, ça me permet de durer plus longtemps. »
Connaissant l’oiseau, je me demande s’il me parle bien de course à pied… bref.
Le peloton peine à s’étirer. Du coup, dès la première et interminable montée vers le Picheru, c’est l’embouteillage. J’ai même le temps de prendre des photos. Et comme il est interdit de sortir de la trace sous peine de disqualification (le parc de la Vanoise est une zone naturelle protégée), il est quasiment impossible de doubler.
Le terrain est hyper technique et sacrément pentu, que ce soit en montée ou en descente. Mais j’en garde précieusement sous le coude.
A mi-course, il est temps d’accélérer un peu et je remonte plusieurs dizaines de coureurs stoppés par des crampes dans l’interminable ascension vers le col de l’Iseran (1200m de dénivelé d’une traite). Puis c’est à mon tour de mettre le clignotant, stoppé dans l’effort par les effets de l’altitude : vertiges et maux de tête. Au ravitaillement, je m’aperçois que je ne suis pas le seul dans cet état. Je n’arrive plus à redémarrer. Pour couronner le tout, ma petite famille n’a pu rejoindre le ravito et je ne pourrai donc pas avoir mes vêtements chauds. Résultat : il fait 4 degrés à 3000m d’altitude et je suis en tee shirt, trempé. J’hésite fortement à poursuivre la course. C’est bien la première fois que cette idée me traverse l’esprit.
Ce sont mes bâtons qui me tiennent debout. J’hésite même à m’appeler sur ma propre hotline SOS-FINISHER pour me botter le Q.
Puis, après un long moment, je me lance en marchant dans la neige pour terminer cette ascension et enfin redescendre pendant 10 bornes vers Val d’Isère. Je me sens de mieux en mieux au fur et à mesure de la descente.
Résultat : 517e au scratch sur 1000 partants, 44e M1. Frédéric Tranchand, le nouveau champion de France est lui arrivé depuis bien longtemps. Le résultat n’est vraiment pas celui escompté, mais la fierté d’avoir terminé l’emporte sur la déception.
Place au repos maintenant.
Bonnes vacances à tous les bleus et mini-bleus que j’espère retrouver en forme à la rentrée.
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