Ultra-Trail du Haut Giffre
« Aux sources du trail » : 118 km et 7800 m de D+
219 partants et 149 finishers
« Aux Sources du Trail » : voici un nom qui peut paraître bien présomptueux en apparence mais qui est rudement bien choisi ! C’est intense, sauvage, abrupt, minéral et sans chichi, c’est d’une difficulté que je n’avais jamais éprouvée mais c’est grandiose ! Quelle chance et quel bonheur de courir dans des décors aussi somptueux, et encore je n’ai pas pu tout apprécier avec les parties de nuit.
Pour le profil, c’est une folie : j’ai comptabilisé au maximum 10 km de plat (grosso modo 2 km pour sortir de Samoëns au départ, 1 km pour arriver au ravito du 48e km, 1 km pour arriver à la base vie du 60e km et 5 km en quittant le dernier ravito avant de replonger vers Samoëns). Pour tout le reste, ça monte fort et longtemps jusqu’à 1500 m de dénivelé d’une traite et ça descend fort et longtemps avec des pentes jusqu’à 35-40 % aux dires des organisateurs.
Ma course se découpe en deux tronçons : les 60 premiers kilomètres effectués de nuit et en matinée jusqu’à la base vie qui relèvent du vrai trail puis la deuxième partie qui consiste davantage en une rando très sportive : j’ai choisi de ne pas courir à partir de 11h et de mon départ de la base vie pour éviter la surchauffe, même s’il faisait nettement meilleur en montagne que par chez nous ! A chaque occasion (source, petite cascade, abreuvoir), on s’asperge et on mouille les casquettes pour se rafraîchir au maximum.
Départ vendredi soir à 21 h 30 et arrivée ce dimanche matin à 4 h du matin avec Sandie qui m’a fait la surprise de se lever et d’être là pour m’accueillir puis qui a eu la patience de me laisser déguster le repas d’après-course avant de me ramener à la maison ! Je n’imaginais pas passer deux nuits dehors, j’ai plusieurs fois eu la tentation d’abandonner tant c’était autrement plus difficile que ce que je n’avais imaginé mais à chaque fois, j’ai vite chassé ces idées négatives pour ne pas avoir la tentation d’y céder ! Quelques bons gadins dans des racines, des cailloux et sur des névés ont émaillé ma course, je me suis dit que je commençais à faire comme Manu !
Aujourd’hui, j’ai des douleurs et courbatures inhabituelles que je n’avais pas après l’Infernal. C’est certainement dû à la durée de chaque effort en montée ou en descente qu’on ne peut pas reproduire en entraînement chez nous. L’enchaînement longue descente/longue montée avec fort dénivelé est également difficile à encaisser, je pense que l’absence de transition entre deux efforts longs et aussi différents pour les muscles se paie aujourd’hui.
Immense merci à tous les coachs : par rapport à l’année dernière, je suis arrivé à la base-vie 3h plus tôt que l’année dernière et ils y sont évidemment pour beaucoup quand bien-même je n’ai pas pu être aussi assidu que je l’aurais souhaité.
Merci à JP et à Jeanne : j’ai pensé à eux et au trail de la Hasel sur le parcours. A JP pour l’organisation de ce week-end qui a été une excellente dernière préparation en plus d’un excellent week-end et à Jeanne pour la force mentale qu’elle y a montré, ce qui m’a aidé sur le parcours.
Et bien sûr merci à Sandie qui me suit dans tous mes délires et qui a profité de ce magnifique week-end pour randonner et encaisser un bon paquet de dénivelé dans les deux sens elle-aussi. Sur la ligne d’arrivée, je lui ai dit que je ne reviendrais plus faire ce trail tant il était difficile et fait pour des traileurs autrement plus aguerris que moi mais je commence déjà à penser à remettre le couvert l’année prochaine avec une meilleure préparation encore. Si des Bleus sont tentés, il ne faut surtout pas se priver ! J’ai dit aussi que je n’irais pas faire l’Echappée Belle et je pense m’y tenir parce que l’avant dernière longue descente dans la caillasse n’est pas mon meilleur souvenir de cette course. En revanche, les décors tous plus beaux les uns que les autres, la neige au mois de juin, la température tellement agréable sur les sommets, les bénévoles aux petits soins pour nous, la rencontre nocturne d’un bouquetin sur le dernier sommet, le lever et le coucher du soleil au milieu des montagnes, la satisfaction d’être allé au bout de ce défi (et bien sûr le saucisson sur les ravitaillements) font de ce week-end une parenthèse inoubliable !
P.S : le maillot de l’ACGV m’a accompagné sur tout le parcours : je voulais le mettre pour la photo d’arrivée et l’euphorie autant que la manque de lucidité m’ont fait oublier de l’enfiler… Raison de plus pour y retourner l’année prochaine, non ?
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